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 Annonces : Ma vie TJ
Publié le 1/11/2005 (4781 lectures)

Ma vie tj

J’aimerai dire avant toute chose qu’il va être difficile pour moi d’expliquer et de résumer ma vie en quinze minutes.
Néanmoins, si je me confie aujourd’hui, c’est tout d’abord pour éviter que quiconque ne connaisse ce que j’ai connu.
Car aujourd’hui, je vis avec une douleur qui restera toujours en moi.

En effet, me voila dans une vie que je n’ai pas choisie, sur laquelle je n’ai aucun contrôle, et en vous la racontant ce soir, je sais que cela ravivera des souvenir douloureux, mais je le fais sans haine et sans ressentiment, mais pour que vous preniez conscience de la gravité que peuvent avoir les sectes sur nos vies, même si elles ne vous touchent pas directement, elles touchent et meurtrissent la vie des enfants si profondément, qu’elles handicapent leur vie d’adulte pour toujours.


Voilà mon histoire:


J’avais 3 ans quand mes parents sont devenus adeptes de cette secte.
Sans que je le sache, ma vie allait basculer à tout jamais.
Je ne serai pas comme les autres, et cette secte allait m’apprendre la différence.
Je ne ferai jamais ce que tous les enfants de mon âge connaissent:
pas d’anniversaire, pas de noël, pas de déguisement pour mardi
gras, pas de bonne année, pas de fête des mères ou de jour de l’an, impossible de se faire élire déléguée de classe ni de pouvoir voter pour ça, pas de 14 juillet, bref aucune fête.

Mais le plus dur, à un âge ou l’on désire être comme les autres et surtout pas différent, c’est de devoir dire à ses camarades de classe : je ne peux pas venir à ton anniversaire, je ne me déguise pas à mardi gras, pour ensuite devoir faire du prosélytisme afin de leur expliquer le pourquoi.
Vous êtes isolé de tout dès la plus tendre enfance, vous ne faites rien comme les autres.
Trois fois par semaine, vous allez à des réunions, sage et assis pendant deux heures, où l’on vous rabache le même discours pour être sûr qu’il rentre bien dans votre cerveau : il y a le monde et la secte, il faut rejeter tout ceux qui n’en font pas partie.
Cela veut dire : interdit d’aller chez des copines qui ne sont pas de la secte, ou même de parler après l’école avec elles, interdit de s’amuser avec mes cousines qui n’en font pas partie, interdit d’écouter les musiques des jeunes (surtout si elles sont dans une langue étrangère), interdit d’exercer certaines études comme la philosophie, la psychologie ou même la politique, interdit de faire de la compétition même en sport. Bref, interdit de faire ce que la secte ne permet pas.

Ainsi, il est de bon ton de renier famille et entourage qui ne partagent pas ses croyances.
Interdit de flirter, interdit de fumer, interdit de lire des livres ou de voir des films fantastiques.
Les seuls droits ou plutôt obligations sont : étudier avec ses parents une heure par semaine un livre de la secte, choisi selon les âges, qui nous inculque ce que l’on doit faire et ce que l’on n’a pas le droit de faire, dans les moindres détails de la vie.
Sinon, on risque de mourir, si on ne les suit pas, au jugement dernier.

Mes parents sont devenus ainsi des instructeurs de la bible en vue de faire de moi un bon petit soldat.
Plus d’émotion ni de fantaisie : je sais d’avance là où je dois aller et là ou je n’ai pas le droit d’aller.
Ma vie est tracée : je vais consacrer mon énergie pour faire ce que mes parents m’ont inculqué pour pouvoir ensuite 1’inculquer aux autres.
Ainsi, tous les samedis et dimanches matin, pas de grasse matinée, on les consacre à aller de porte en porte pour convaincre les gens à devenir comme nous.
Néanmoins, il est difficile de ressentir les sentiments que nos parents connaissent.
Je n’arrive pas à aimer le dieu que mes parents semblent vénérer, vient alors la culpabilité de ne pas être aussi pieux et heureux de faire la même chose qu’eux. Je cherche alors à me rapprocher de ce dieu qui est pour moi autant inconnu que présent dans le foyer.

Je n’y arrive pas, car je suis très attirée par ce monde si inconnu mais si simple, alors que moi je dois tout contrôler pendant que d’autres profitent et vivent comme ils le sentent.

Alors, dès le lycée, je supporte de moins en moins d’être rejetée par mes camarades de classe qui me prennent pour une sauvage
ou une bête curieuse.

Ainsi, se dessine de plus en plus ma double vie : je deviens celle que mes parents attendent de moi quant je suis avec eux, et je fais comme mes camarades quand je suis à l’école.

Là, je ne sais plus où j’en suis : je sais ce que je dois faire pour satisfaire mes parents, mais mes désirs personnels deviennent forts et sont contraires à ce que mes parents attendent de moi.
Là, une dépression forte me guette : j’ai envie de mourir, j’aurai voulu ne pas venir au monde, je suis deux personnes différentes : une adepte quant il le faut et une pécheresse dès que je suis libre.
De plus, je sais que si je quitte la secte, je perdrai mes parents en même temps.

Je laisse des écrits où j’exprime cette envie de mourir espérant que mes parents les liront.
Je m’évade dans les livres de Stephan King, en les cachant bien, car il ne m’est pas permis de lire de tels livres.

Et puis, je regarde mes parents : j’ai l’impression qu’ils sont des étrangers. Oui, je ne les connais pas vraiment, puisque les seules fois ou je leur posais des questions ils me répondaient par des publications de la secte. Aucune réponse personnelle de leur part, aucune complicité.
En fait, je me rends compte qu’ils ne me connaissent pas non plus, étant la personne qu’ils attendaient de moi devant eux, alors qu’en même temps, hors de leur portée, je faisais tout le contraire.
Un combat en moi faisait rage : je ne savais plus où j’en étais, ni qui j’étais, ou ce que je voulais vraiment, à part que j’étais malheureuse et surtout très seule!

Personne ne pouvait m’aider : les personnes extérieures me fuiraient si j’étais différente (comme autrefois à l’école), et ceux de la
secte ne pouvaient comprendre non plus, eux avaient l’air épanoui.
D’ailleurs, les enfants ayant quitté la secte à leurs majorité étaient mal vus, il fallait les éviter, ne pas leur parler, et puis on prenait pitié des parents qui pleuraient de perdre leurs enfants, car partir de la secte, revient à mourir à leurs yeux.

Les parents vivaient et consacraient leur vie à ça, en me traînant avec eux sans poser un regard sur moi, sans me donner le choix de suivre ou non leur délire.

Ce qui devait arriver arriva. Je fus dénoncé par mes propres parents auprès des autorités de la secte, pour avoir fumé des cigarettes.
Ils prirent donc rendez vous, et comme cela faisait la deuxième fois que je comparaissais pour cette faute, je devais passer devant un comité judiciaire composé de deux personnes d’autorité.
A ce moment, ce fut une cassure pour moi, car sans que je le sache, mon père arriva en tant que témoin à charge quelques minutes après moi.
Arrive la descente aux enfers, me faire sermonner comme une criminelle avec des mots durs, blessants et rabaissants. J’ai grandi parmi eux, mais là je ne vois que des juges haineux et présomptueux. Je me tourne vers mon père, et je découvre un étranger qui me jette en pâture à ces gens, encourageant mon exutoire, comme si j’étais un esclave qui n’avait pas obéi au maître.
Je m’effondre devant eux en larmes, je cherche quelques émotions dans le regard de mon père, mais rien qu’un regard noir et mécontent.

Ce jour là, je repars seule et effondrée, comme poignardée.

A ce moment, je comprends que je serai toujours seule, je me suis mis à haïr mes parents sans savoir pourquoi, et là je me suis dit : mais je suis folle, j’ai un problème pour ne pas aimer mes parents.
Je me faisais subir des tortures, dans la douleur je me libérai. Une fois, j’ai même pris plein de cachets me persuadant que j’allais pouvoir enfin mourir après.

A 18 ans, j’en ai profité, je suis partie dans un foyer pour jeunes travailleurs. Mon père m’a dit que la porte serait toujours ouverte si jamais !

Et quelques temps plus tard, j’ai pris mon premier appartement.
Pendant un an, je suis partie dans tous les sens : j’allais en
boite, j’ai connu mon premier amour, enfin je connaissais les joies de l’interdit. Mon propriétaire qui me sous-louait l’appartement, me jeta dehors sans ménagement.
J’avais 19 ans. J’étais perdue et à la rue. J’appelai mes parents, et en pleurs, je leur promettais de faire tout ce qu’ils voudraient.
Mais mon père s’y refusa, sa porte n’était plus ouverte.
Là, j’ai connu la rue, les nuits dehors, et le squat ici et là.

Puis j’ai rencontré mon ami dans une autre ville, je me suis installée avec lui à l’hôtel et pris un nouveau départ, mais le cauchemar n’étais pas terminé. Une longue dépression m’est tombée dessus, mes parents ne voulaient plus rien savoir de ma vie, je ne devais les contacter que si j’avais besoin de papier administratif, leur rôle s’arrêtait là.

Puis vient les cauchemars : je revoyais les adeptes me dirent que ce que je faisais est mal, que je devais revenir à tout prix.
Je me réveillais en sueur et plus mal que jamais.
Je descendais voir mes parents pendant mes congés et là, je me retrouvais dans une maison complètement changée, ma chambre
avait été transformée en bureau buanderie comme si je n’avais jamais existée, je me sentais mal à l’aise avec eux, je n’osais pas me servir seule dans le frigo, et puis je devais avoir des discussions diplomatiques avec eux, rien dire de très personnel, à par parler boulot ou beau temps, ce n’était, et ça l’est encore aujourd’hui, que des fausses discussions.

De toute façon, mes parents n’ont jamais été à moi ou pour moi, rien de très nouveau, ils appartiennent à la secte.
Ils ne savent même pas où j’habite, ni où je travaille, et ne veulent même pas connaître la personne avec qui je vis.
Ils ne m’appellent jamais et les seules fois ou j’ai essayé de vider mon sac, cela a toujours mal fini : c’est à moi que cela faisait le plus mal.
Pour eux, la solution est claire, revenir dans la secte, comme si cela effacerait tout !

Alors quoi, il faut que je sois malheureuse dans leur secte pour que mes parents soient fiers et proches de moi, ou bien ais-je le droit de goûter à mon bonheur en perdant mes parents, quel choix !

Ainsi, je pouvais pleurer ou parler cent ans, je me voyais toujours entendre la même réponse toute faite et dénuée de tout sentiment ou
émotion : « Tu savais à quoi t’attendre en faisant le choix de partir ! »

Je n’ai d’ailleurs jamais su comment ils faisaient pour ne pas réagir comme des humains ou des parents normaux.
En fait, je sais, cette secte apprend tellement bien à étouffer les sentiments pour laisser place au cerveau, lui même bien rempli
par leur dogme, qu’il n’y a plus de surprise : c’est à moi de savoir, puisque j’ai grandi là dedans, et de comprendre qu’il ne peut en être autrement.
Mais pourquoi c’est à moi de comprendre et pas à eux.

Pourquoi ne pas reconnaître qu’ils auraient pu se tromper dans leur éducation.
Aucune remise en cause pour eux, cela m’est réservé !
Eux ont choisi leur voie, et personne ne leur a tourné le dos pour ça, même pas moi.

Je serai ainsi leur blessure pour la vie, car je ne serai jamais comme eux l’espèrent, tout comme ils sont la plaie ouverte de mon coeur pour la vie.
J’aimerai tellement qu’ils m’aiment et m’apprécient pour ce que je suis, au lieu de me détester pour ce que je ne suis pas.
Je reprends à mon compte les paroles de mon père à mon encontre : « je vous aime (papa, maman) mais je n’aime pas vos actions ».

Malgré tout, ce sont mes parents, et je les aime de tout mon coeur, et ce sont les victimes d’une secte avant tout.
Moi, au moins, je suis libre, et enfin moi-même.....et pour la première fois je suis heureuse, épanouie et je sais qui je suis et ce que je veux – la preuve, je suis parmi vous ce soir, car il faut que vous sachiez que lorsque vous quittez la secte, vous redémarrez à zéro, vous vous retrouvez encore plus seule, car tout est à refaire.

Mais la liberté n’a pas de prix.

Alors, protégez votre famille et vous-même de tout mouvement sectaire et fanatique, car le risque de perdre un membre de votre famille ou de vous y perdre vous-même est grand !

Affrontez la vie la tête haute, la vie n’est pas rose tout les jours, mais elle sait nous donner de grands moments de joie et les enfants en font partie. Protégez-les et aimez-les tels qu’ils sont, soyez une épaule pour eux et laissez les choisir leur voie sans le leur imposer, c’est tout ce dont ils ont besoin.
 

 
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